Trophée de l’art culinaire créole 2018

Le 19 mai dernier, notre gérant Serge Fulgence, se voyait remettre le Grand prix de l’art culinaire créole 2018 dans les salons de l’hôtel de ville de Paris. Découvrez son message de remerciement.

Je veux d’abord saluer et remercier l’initiative et l’organisation des trophées de l’Art Culinaire du Monde Créole, pas assez présent et reconnu dans les critiques et tables de la gastronomie française. Et pourtant, que d’histoires à raconter des secrets des laboratoires des grands-mères de ces territoires, de leurs cuisines aga aga mêlant des saveurs du terroir et du monde pour au final, un goût et une flaveur d’exception, qui invitent à la convivialité, au partage.
En vérité, mon rapport avec la cuisine se nourrit des souvenirs que j’ai à jamais des chaudières de cette nourrice qui faisait de bons petits plats pour nous les treize enfants, d’une mère qui n’avait pas trop le temps de cuisiner. Cette dame que l’on appelait familièrement « MA’DAM », dont je veux à cette occasion honorer la mémoire.
Cette distinction, je la dois aussi à la plus belle chose de ma vie qui me soit arrivée. La rencontre avec ma femme, cette Guadeloupéenne qui a aussi spontanément épousé la cuisine guyanaise, sans a priori, avec délectation, avant de l’adopter définitivement dans ses réflexes de cuisine. Oui, je dois aussi beaucoup de l’avoir observée préparer avec passion les recettes de mes ainées et de « MA’DAM ».
En m’honorant ce soir, vous honorez le travail, la conviction et véritablement le militantisme pour la valorisation du savoir-faire culinaire créole. Le talent ou le capital ne suffit pas.
Oui vous honorez le travail, du petit matin à très tard le soir, tous les jours. Car oui notre métier quoique de passion, est difficile voire pénible, par les horaires, les lois, les règlementations, les exigences des clients, une rémunération insuffisante et c’est le patron qui parle.
Oui, je suis convaincu que nos terroirs en Guyane ont du talent. Une conviction exprimée déjà en 1986 quant à Saint-Laurent du Maroni j’ai pris l’initiative d’organiser avec un certain succès populaire, la première journée de la Gastronomie de l’ouest guyanais. 
Oui, vous honorez aussi le militant que je suis pour la valorisation de la gastronomie créole dans le monde et singulièrement la gastronomie guyanaise, sans doute l’une des plus riches et créatives du monde créole à tout le moins de territoires français. Et pourtant, La gastronomie guyanaise n’est pas à sa juste place dans les critiques françaises et même dans les classiques domiens. Un colombo ou un calalou guyanais, raconte une vraie histoire d’alchimie de légumes ; l’histoire de rencontre de peuples diverse, un peu d’Antilles françaises, un peu d’Antilles anglophones, de surinamais, de chinois, de brésiliens… 
Je comprends qu’en m’honorant de la sorte ce soir, vous honorez la Guyane, la chance pour moi d’y être né. Vous honorez aussi l’action forte de la collectivité territoriale pour ce secteur d’activité dont elle reconnaît qu’il représente une clé importante pour le développement touristique Guyanais. J’ai une grande pensée pour la vice-présidente Mme Rolande CHALCO-LEFAY, particulièrement active sur le sujet et qui encourage les initiatives à faire reconnaître les bonnes recettes guyanaises. Je suis heureux de porter cette conviction avec elle et avec vous. Je pense notamment à l’objectif que vous pourriez avoir pour la reconnaissance du générique de la gastronomie créole au patrimoine immatériel français, et l’objectif pour nous Guyanais, de voir inscrire notre fameux, légendaire et non pas moins vrai régal, le « BOUILLON D’AWARA » au patrimoine immatériel à l’UNESCO.
La distinction que vous me manifestez aujourd’hui ne mesure pas mon seul travail. Elle distingue aussi une collaboration familiale avec mes deux enfants parfaitement impliqués, qui donne à la communauté, l’assurance de la transmission des matériaux culinaires ancestraux. Voila ce dont nous ne devons pas cesser de faire, transmettre pour sauvegarder et développer la gastronomie créole partout dans le monde. Toute ma reconnaissance pour l’Association gastronomique guyanaise et Mme Rosange LHUERRE sa Présidente pour son travail et pour son militantisme en ce sens.
Enfin, un mot pour mes collaborateurs, valeureux commis, chefs de brigades et chefs de cuisine mais aussi et je veux insister, les directeurs d’établissement et leur personnel dont le service est essentiel pour sublimer les plats préparés par nos chefs.
Vraiment mes remerciements pour ce prix qui a aussi de mérite de reconnaître l’exigence et de m’obliger encore plus avec mes équipes à l’honorer.
Merci encore de votre confiance et de ce que vous pouvez légitimement attendre que nous pourrions contribuer à promouvoir votre organisation pour une plus grande reconnaissance nationale.
Au président Monsieur GARNIER et au Directeur Monsieur FORTUNE, toute ma gratitude et tous mes encouragements.
A l’assemblée et particulièrement aux représentants de l’État, mon invitation à un séjour culinaire en Guyane.

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